Bénabar

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Sans titre 5 il a bien eu son premier cornet à pistons à l’âge de 8 ans, mais ce n’est qu’à 25 ans qu’il commencera vraiment la musique. Avant les notes et le texte, ce sont d’abord les images qui l’intéressent.

 Une fois son bac en poche, il devient apprenti-photographe et technicien pour le cinéma, puis réalise à 20 ans son premier court-métrage. Passionné, il est aussi doué pour la chose puisque l’une de ses ?uvres, José Jeannette, lui vaudra entre autres, le prix Georges de Beauregard, le Prix du Public de Nancy et le Prix Spécial du Jury à Montréal. Il se met également à écrire pour  la série H sur Canal . Son projet de long-métrage, en revanche, n’aboutira jamais.

De Bruno Nicolini à Bénabar

Sans titre 2C’est donc finalement un heureux hasard qui le mène au monde de la chanson, quand un ami lui demande d’écrire des paroles pour ses musiques. Il se lance dans l’aventure, et décide un jour de s’essayer lui-même au chant avec son ami Patchol. C’est à ce moment que naît Bénabar, version verlan du nom de Barnabé, nom de clown qu’il s’était approprié. Au fil des ans et des concerts, le duo n’en est rapidement plus un : avec Denis Grare au saxo, accordéon et aux choeurs, Vincent Schaeffer, à la trompette et au trombone, Pascal Vignon à la batterie, et Stéphane Benveniste à la contrebasse, un véritable groupe se monte.

Leur premier album, La P’tite Monnaie sort en 1997 chez un label indépendant. Bien que loin encore des grands médias, le groupe fait son bonhomme de chemin et commence à se faire un nom sur scène et sur quelques radios. Raconter des histoires et susciter des émotions, tel est déjà le mot d’ordre de Bénabar.

Raconter ses amis, ses amours, ses emmerdes

Le chanteur est désormais certain d’avoir trouvé sa voie pour croquer la société comme il le souhaite. Avec quelques nouveaux venus dans son équipe d’associés, il travaille à un deuxième album, tout simplement intitulé Bénabar, qui sort en septembre 2001 chez Zomba Records. L’entraînant single « Y a une fille qu’habite chez moi »  fait immédiatement un tabac, et l’album est salué par le public comme la critique. L’année suivante, Bénabar fait la première partie d’Henri Salvador pour sa tournée dans toute la France. Bénabar est alors disque d’or.

Devenu le chouchou parmi les chanteurs de la nouvelle vague, Bénabar ne tarde pas à sortir un nouvel opus, Les Risques du Métier, qui remporte le prix du Meilleur album de chanson et variétés aux Victoires de la Musique 2004. Le style ne varie pas beaucoup d’un album à l’autre, mais le public est au rendez-vous. En février 2004, il enregistre un album Live au Grand Rex qui sort à la fois en CD et en DVD.

Comme pour beaucoup de ses camarades qui ont débuté en faisant la tournée des bars et des petites salles, Bénabar est avant tout un artiste de scène. L’humour et la spontanéité qui le caractérisent s’expriment bien mieux en live que dans ses disques. Inventeur d’une danse bien à lui, il s’amuse à accompagner ses morceaux de longs monologues. Et quand il lui arrive parfois d’oublier les paroles de ses chansons, la salle se fait alors un plaisir de les lui rappeler.

Entre succès et paternité

Grand enfant et éternel angoissé, Bénabar s’avoue très inspiré par la gent féminine. Le sujet est pour lui un réservoir inépuisable, et il excelle dans l’art de raconter par des détails subtils ou humoristiques des histoires d’amour à caractère souvent universel.

Et l’engagement dans tout ça ? Si le chanteur s’engage, c’est «  malgré lui ». Conscient qu’  « une chanson ne change pas les choses », ses textes restent loin de tout message politique. Toutefois, certains titres comme « Saturne » ou « Qu’est-ce que tu voulais que je lui dise ?» dénoncent avec amertume le mal de vivre de la société moderne. On retrouve occasionnellement Bénabar dans des manifestations sociales (K-O social…).

En octobre 2005, sa Reprise des Négociations joue toujours la carte du mélange habile d’anecdotes en tout genre. Mais on y décèle aussi quelque chose de nouveau : pour la première fois, Bénabar se livre, ose l’emploi de la première personne. Il faut dire que depuis mai 2004, il est le père d’un petit Manolo, avec sa compagne Stéphanie. Plus de souvenirs, plus d’allusions à la famille qu’aux copains, et une authentique berceuse en prime. Le succès est immédiat, et le disque figure parmi les cinq meilleures ventes de l’année 2006.

Très médiatique, Bénabar est désormais loin de la galère des débuts. Il remplit sans difficulté l’Olympia ou Bercy, est à l’affiche des plus grands festivals, participe au spectacle des Enfoirés (il rejoint la troupe en 2007), joue le rôle du chimiste dans le conte pour enfant Le Soldat rose, et se fend d’un Best of CD et DVD à l’automne 2007. Son personnage entre le clown et le gendre idéal a donc réussi à séduire un public très large, des ados aux bobos.

Sorti en octobre 2008, l’album Infréquentable repeint l’univers du chanteur en alignant une section de cordes et des cuivres sur des textes à la tonalité amère. « L’effet papillon » (titre du premier single) a bousculé les habitudes, par l’entremise du producteur François Delabrière. Bénabar défend ensuite l’album en tournée avant de se produire au Zénith de Paris du 11 au 14 mars 2009.

Dans son sixième album Les Bénéfices du Doute paru en décembre 2011, Bénabar ne déçoit ni ses fans ni ses détracteurs avec un titre comme « Politiquement correct », premier extrait du disque suivi d’une tournée hexagonale conclue par trois concerts au Zénith de Paris les 22, 23 et 24 mars 2012. C’est un peu plus tard, le 27 avril 2012, qu’est enregistré Bien Bonsoir M’sieurs-Dames, à la Halle Tony Garnier de Lyon. Ce deuxième album live assorti d’un DVD qui sert de parenthèse à un retour en studio pour l’enregistrement d’une septième collection de chansons intituléeInspiré de Faits Réels et devancée par le simple « Paris By Night ».

Eva John
music-story.com

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